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Sortie en famille aux Grottes de Choranche
Sortie en famille aux Grottes de Choranche
Elodie Morel

Mi-février à Villard de Lans. Cet hiver 2020, la neige se fait désirer. Les sommets sont blancs mais autour des maisons, les prés et les forêts composent des paysages d’une belle couleur sépia. Toutes les routes sont sèches. Comme dans beaucoup de stations de moyenne montagne, quand la neige se raréfie, l’activité des pistes est maintenue grâce à la neige artificielle : grâce à elle, le domaine de la Cote 2000, à une dizaine de minutes du village, continue à accueillir les skieurs les plus accrocs à la glisse.

Quant à ceux qui préfèrent la neige fraiche, ils cherchent d’autres activités pour profiter de l’air pur et des extraordinaires paysages du Vercors. Pas la peine de chercher bien loin : la région regorge d’un patrimoine architectural et naturel qui ne demande qu’à être visité.

Il suffit de prendre une carte du massif, de l’étaler devant soi, de fermer les yeux, et de poser le doigt quelque part sur le plan.

C’est ce qu’on a fait. On est tombé sur Saint Antoine L’Abbaye. En traçant notre itinéraire, on a constaté que les grottes de Choranche se trouvaient sur notre route. Parfait. Grasse matinée oblige, départ vers midi, après un brunch solide. On emporte un pique-nique sommaire composé de sandwiches et de brioche aux pralines achetées dans une boulangerie du village.

Vertigineuses Gorges de la Bourne

Cette route passe par les Gorges de la Bourne. Avant de partir, nous vérifions que cette route est ouverte. Ce n’est pas toujours le cas : elle est escarpée, et par endroit elle est littéralement creusée dans la roche. Son entretien nécessite des travaux réguliers, qui impliquent sa fermeture.

Mais ce jour-là, on peut y circuler. Tant mieux, car l’emprunter est en soi une aventure et une expérience fantastique.

Les Gorges de la Bourne font partie des fameuses routes vertigineuses du Vercors, construites au XIXe siècle pour « ouvrir le massif sur le reste du monde ». Elles ont été littéralement creusées dans la paroi rocheuse. Elles offrent un panorama inoubliable... et exigent de l'adresse au volant, quand on longe la falaise ou quand on croise un autre véhicule : des renfoncements dans la roche permettent aux conducteurs de laisser passer la voiture d’en face quand la route est trop étroite. Avec un peu d’entraînement, on parvient à anticiper et se garer au bon moment, de manière à gêner le moins possible les habitués qui semblent nous trouver bien maladroits.

Pont-en-Royans, le village aux maisons suspendues

A la sortie des Gorges de la Bourne, on traverse le village de Pont-en-Royans dont on peut observer les fameuses « maisons suspendues ». Accrochées à la paroi rocheuse, leurs façades colorées et balcons en bois ou fer forgé dominent la Bourne. L’intérieur de certaines de ces habitations semble avoir été creusé dans la roche. Le site des maisons suspendues est classé monument historique depuis 1944.

Après les avoir contemplées, on s’éloigne un moment de la Bourne pour traverser le village au fil de ruelles médiévales pleine de charme et très étroites (elles aussi sont particulièrement compliquées en termes de circulation, il faut faire preuve de patience et attendre son tour quand une voiture arrive en face).

La route vers Choranche

Une fois sorti de Pont-en-Royans, on accède au site de Choranche par une route qui monte, très raide, sur la droite. En cas de gel, la voie est impraticable par un véhicule normal. Le site est alors fermé. Mais ce n’est pas le cas aujourd’hui : l’hiver est doux, la route est sèche comme en été. On roule un moment avant d’arriver à un vaste parking où laisser son véhicule pour se rendre à pieds vers la billetterie.

Le tarifs proposé pour deux adultes et deux enfants, 23 euros, est abordable. Cela fait des grottes de Choranche une très belle sortie familiale. La visite est guidée. Le prochain départ a lieu dans vingt minutes, ce qui nous laisse largement le temps de gagner l’entrée des grottes, quelques centaines de mètres plus haut, en empruntant un petit chemin qui longe la falaise.

Sur ce sentier qui surplombe la Bourne, la vue sur les montagnes est fantastique.  On écoute le bruit de l’eau et on observe la végétation, les rochers, et les petites cascades qui se précipitent à travers les arbres.

A l’entrée des grottes, en attendant le guide, on peut observer une exposition d’outils et d’objets façonnés par l’homme il y a 5000 ans. Des panneaux explicatifs racontent le plissement alpin et la formation du massif du Vercors et de ses grottes. On se sent tout petit, au regard de l’immensité de la montagne et des périodes concernées...`

L’entrée dans la grotte de Choranche

Avant d’entrer dans la grotte de Choranche (également appelée Grotte Coufin-Chevaline, nom de chacun des cours d’eau qui y serpentent), on écoute les consignes de notre guide. On ne doit rien toucher pour ne pas déposer de bactéries sur le site, rester sur les chemins balisé sans marcher sur le sols en argile, désactiver le flash des mobiles et des appareils photos et bien sûr ne pas boire ni manger.

La pénombre dans la grotte est parfaitement éclairée par une lumière douce, savamment étudiée. On découvre une première salle avec un lac peu profond. Au fur et à mesure de notre avancée dans les couloirs, en suivant la rivière sous-terraine, on découvre d’étranges paysages, qui évoquent le Voyage au Centre de la Terre de Jules Verne. Un très rare plafond de stalactites fistuleuses, emblématique du site, se reflète dans les eaux du lac qu’il surplombe.

Une colonne, formée par la rencontre d’une stalactite et d’une stalagmite, brille encore, nous montrant qu’elle est toujours en cours d’évolution.

Aucun homme n’a jamais habité ces grottes, apprend-on. Mais de nombreux animaux l’ont fait. Pas d’ours, il fait trop froid (10°C hiver comme été). Mais des chauves-souris et surtout des insectes, encore là aujourd’hui. On y trouve aussi de petits locataires qui à l’origine  ne se trouvaient pas dans la grotte : des protées, originaires de Slovénie, sont accueillis dans des aquariums où ils peuvent vivre tranquillement. Ces cousins de la salamandre et du triton sont hébergés ici dans le cadre d’un programme de préservation de leur espèce. Ils vivent dans les rivières souterraines. Ils sont tout blancs, presque translucides, car ils n’ont jamais été exposés à la lumière. Ils sont aveugles aussi. Ils peuvent vivre jusqu’à une centaine d’années. Les enfants les observent, fascinés.

Le trajet dans la grotte se poursuit, jusqu’à la plus grande salle, où l’on assiste, dans l’obscurité totale, à un spectacle son et lumière. C’est le clou de la visite. On ressort de la grotte ravis, en passant par son entrée d’origine, étroite et très basse (1,40 m). On se baisse et on prend garde à ne pas se blesser aux aspérités du plafond, ça donne un charmant. petit côté « aventureux » à cette fin d’expédition.

On passe à la boutique de souvenirs où l’on commande un café, qu’on sirote sur la terrasse, devant le magnifique panorama, au son de la cascade... Et on repart, direction Saint Antoine L’Abbaye.

Saint-Antoine L’Abbaye, parmi les plus beaux villages de France

On suit de petites rues médiévales jusqu’au parking public. Une fois garés, on se dirige vers l’abbaye Saint Antoine, en passant devant des bâtisses aux curieux toits de tuiles tricolores.

L’abbaye elle-même se trouve derrière des murs d’enceinte, dont la grande porte permet d’entrer sur une large voie bordée d’arbres, de vieux commerces et cafés aux devantures vintage pleines de charme.

L’édifice religieux est majestueux. On profite autant de l’atmosphère paisible qui règne à l’intérieur que de l’environnement extérieur. Dans le mur qui entoure l’abbaye, un portail de fer forgé sous une voûte sculptée se découpe contre le ciel.

On quitte l’abbaye pour repartir en direction de Pont-en-Royans...

On aurait bien aimé visiter les Fontaines pétrifiantes et les châteaux des environs mais ce sera pour une prochaine fois.
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